C’est aujourd’hui la fin, et le début ! Luc 23.26-56
Jésus était venu sur terre pour souffrir durant cette longue journée. Et nous le voyons maintenant sur la croix. Plusieurs sont là qui regardent avec angoisse et douleur. Marie sa mère, Jean son meilleur ami, et bien d’autres qui l’aime. Mais il y a aussi d’autres témoins, comme le centurion qui reconnait en Jésus le fils de Dieu, et ceux qui sont sur deux autres croix, près de lui. Écoutons-les !
J’ai rarement entendu un criminel avouer sa culpabilité, et jamais l’acceptation de la justice de la sentence, après 15 ans comme intervenant au pénitencier. Mais en plus sur une croix dans la souffrance !
Dans notre société, nous aimons dire que nous pardonnons le criminel, même le meurtrier. La peine de mort dans la souffrance, comme pour ce malfaiteur, n’est pas pensable pour nous. Quelle facilité à pardonner quand c’est les autres qui ont été offensés ! Il est facile pour nous (dans notre société) de pardonner le criminel. Mais où est la justice alors ? Et j’ai souvent parlé des grandes injustices de notre société.
Ce malfaiteur, sur une croix près de Jésus, l’a compris :
- Il sait que ce qu’il subit est la justice.
- Il reconnait que tout ne s’arrête pas après la mort et aussi que Jésus est le roi promis qui reviendra un jour, même si tous les faits (lui et Jésus mourant sur la croix) montrent autre chose.
- Il a la crainte de Dieu.
- Il confesse ses fautes et demande le pardon.
Quel exemple pour nous ! Quel exemple pour moi, le gardien de prison, par un malfaiteur qui mérite la peine de mort. Quel exemple de la foi au pardon de Dieu, mais aussi de la justice qui, même si elle est oubliée des hommes, ne peut l’être de Dieu.
Laissez-moi vous raconter une anecdote :
Alors que j’étais intervenant dans un programme de toxicomanie au pénitencier, nous avions un formateur (disons Bill – nom fictif) qui était en réalité un ancien détenu (il avait fait 11 ans de pénitencier pour vol à main armée) et qui était maintenant formateur, après avoir fini sa peine et réglé ses problèmes de toxicomanie.
Nous étions dans une réunion, en train d’évaluer le cas d’un meurtrier qui voulait participer au programme. Bill ne voulait pas l’accepter ! Nous, les gardiens, psychologues et psychiatres, étions estomaqués ! Comment pouvait-il refuser un détenu, un malfaiteur, alors que lui était un ancien malfaiteur ?
Bill avait compris, en l’ayant expérimenté pour lui-même, que la guérison de la toxicomanie ne pouvait passer que par le pardon. Et donc, pour ce meurtrier, Bill nous a dit: « Je ne comprends pas comment on peut avoir le pardon, nécessaire à la restauration, quand notre victime est morte » !
Encore une fois, moi qui peux et veux me considérer comme un honnête citoyen, j’étais enseigné par un malfaiteur (incluant celui sur la croix), sur la justice et le pardon ! Qui a dit que l’enseignement essentiel à ma vie viendrait d’une école de théologie et passerait par la tête ? Cet enseignement de vie, qui donne la vie, passe par le cœur et ne peut être compris que lorsque j’ouvre mon cœur.
NON, je ne souffre pas sur la croix. Je ne suis pas un malfaiteur ou un criminel. Mais je sais que je suis un pécheur. Le nier serait folie. Si toi qui mourras comme moi un jour, ne le reconnais pas, voici notre conversation :
Serge : Ne crains-tu pas Dieu, … Pour moi, la mort, c’est justice, car je recevrai ce qu’a mérité mes péchés ; … Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne.
Jésus : Serge … Je te le dis en vérité, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis.
D’une certaine façon Jésus me dit … « Je me souviens » … de toi. Une phrase importante pour un Québécois !
Je ne peux que me réjouir, même de cette triste histoire, comme ce malfaiteur souffrant sur la croix. Malgré la souffrance et les cris de douleur impossibles à taire, son cœur avait la joie de l’assurance de la vie éternelle !
Retournons à ce moment charnière dans l’histoire de l’humanité.
Certainement, les gens présents n’ont pas idée de tout ce que Luc nous décrit ici car le voile du Temple qui se déchire est un signe que maintenant, tous ont accès à Dieu.
Ceux qui ont été témoins s’en vont triste, mais plus que triste… triste et coupable. Ils se frappent la poitrine. Une action que les catholiques ont reprise, correctement, en faisant le « mea culpa », voulant dire « c’est ma faute ». Reconnaitre que ce sacrifice est « à cause de moi » est le symbole de cette action, de se frapper la poitrine. Mais plus que cela, savoir que ce sacrifice est « pour moi » est la vérité de cet événement.
Il est très difficile de nos jours de comprendre cela. On a du mal à reconnaitre notre propre culpabilité, alors… se sentir coupable pour une tragédie ou la souffrance d’un autre ? Et nous avons ici deux mea culpa différents :
- Ceux présents et moi qui disons MEA CULPA, c.-à-d. par et pour ma faute, il a été sacrifié. Il a payé pour moi.
- Mais aussi Jésus, qui dit MEA CULPA, c.-à-d. leur faute est maintenant ma faute. Je paie pour eux !
Mais, pour que son MEA CULPA soit rendu efficace pour moi, il faut que je reconnaisse ma culpabilité, mon péché. Oui, la repentance de cœur est la condition première à mon pardon, à mon salut. Et voici l’essentiel et le but de cette horrible journée qui devient la plus belle journée de l’existence humaine.
Et voici, la grande défaite l’ennemi du bien. Satan comme chef de file de ces ennemis de chaque homme. Cet ennemi n’a pu comprendre ce qui allait se passer, car la logique de Dieu contredit la logique du monde, dont Satan en est le prince (Jean 16.11). Le sacrifice n’est pas une logique qui a sa source dans le cerveau, mais dans le cœur. Le cœur, encore une fois, la clé de la vie, de l’accès à Dieu.
« Garde ton cœur plus que toute autre chose,
car de lui viennent les sources de la vie. » Proverbes 4.23
Celui à qui j’ouvrirai l’accès à mon cœur fera ce qu’il veut de moi :
- Les autres, pour qu’ils l’utilisent, le vident et le détruisent,
ou
- Dieu, pour qu’il le guérisse, le remplisse et le protège.
Que je m’arrête pour re penser « avec mon cœur » à ce moment de sacrifice pour moi. MEA CULPA!
Maintenant, si un jour vous m’entendez crier de souffrance par la maladie ou d’autre mal, sachez que mon cœur a la joie de l’assurance de la vie éternelle, comme cet homme sur la croix qui sera au paradis avec Jésus … et avec moi, grâce à son sacrifice, aujourd’hui !
Luc 23.26-56
Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix, pour qu’il la porte derrière Jésus. Il était suivi d’une grande multitude des gens du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Jésus se tourna vers elles, et dit: Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants. Car voici, des jours viendront où l’on dira: Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité! Alors ils se mettront à dire aux montagnes: Tombez sur nous! Et aux collines: Couvrez-nous! Car, si l’on fait ces choses au bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec? On conduisait en même temps deux malfaiteurs, qui devaient être mis à mort avec Jésus. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche. Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort. Le peuple se tenait là, et regardait. Les magistrats se moquaient de Jésus, disant: Il a sauvé les autres; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’élu de Dieu! Les soldats aussi se moquaient de lui; s’approchant et lui présentant du vinaigre, ils disaient: Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même! Il y avait au-dessus de lui cette inscription: Celui-ci est le roi des Juifs. L’un des malfaiteurs crucifiés l’injuriait, disant: N’es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et sauve-nous! Mais l’autre le reprenait, et disait: Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes; mais celui-ci n’a rien fait de mal. Et il dit à Jésus: Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. Jésus lui répondit: Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. Il était déjà environ la sixième heure, et il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure. Le soleil s’obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu. Jésus s’écria d’une voix forte: Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira. Le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit: Certainement, cet homme était juste. Et tous ceux qui assistaient en foule à ce spectacle, après avoir vu ce qui était arrivé, s’en retournèrent, se frappant la poitrine. Tous ceux de la connaissance de Jésus, et les femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient dans l’éloignement et regardaient ce qui se passait. Il y avait un conseiller, nommé Joseph, homme bon et juste, qui n’avait point participé à la décision et aux actes des autres; il était d’Arimathée, ville des Juifs, et il attendait le royaume de Dieu. Cet homme se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Il le descendit de la croix, l’enveloppa d’un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis. C’était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph, virent le sépulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé, et, s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. Puis elles se reposèrent le jour du sabbat, selon la loi.